Les Thanatonautes (Bernard Werber) : Biographie de l'auteur

vendredi 23 janvier 2015

Biographie de l'auteur

Biographie de l'auteur1.

Parents : François et Céline Werber. Mon père, pourchassé par les troupes d'occupation nazies a fui en Espagne pendant la seconde guerre mondiale. De là, il a gagné l'Amérique, s'est engagé dans l'armée Américaine et a été l'un des rares Français à participer au débarquement en Normandie sous l'uniforme US (il était mécanicien dans les blindés). Ma mère Céline a vécu cachée en Belgique toute la guerre dans une pièce aménagée derrière une fausse cloison (un peu à la manière d'Anne Franck). Mes parents se sont rencontrés à la libération. Ils se sont mariés à Toulouse. Et ont conçu ma soeur, dès leur nuit de noce. Trois ans plus tard, c'était mon tour.



1961 Janvier - Conception. Mon père revenait d'un voyage à Andorre. Ma mère l'attendait avec impatience.

Juillet - Souvenirs plutôt flous de ma vie juste avant ma naissance. Rien qu'une impression d'une couleur orange foncé et de bruits graves, sans doute les battements de coeur et le système digestif de ma mère. Ma mère étant pianiste et restant à la maison, j'entends souvent, atténués à cause de la paroi du ventre, des gammes et des morceaux de musique classique. Surtout Chopin et Debussy.

Septembre - Naissance à Toulouse. 3,4 kg.

1962 Caractère plutôt émotif angoissé. Je ris souvent. Je pleure souvent. Et je passe très vite de l'un à l'autre. Rêve d'atteindre les poignées de porte. Pour connaître le monde je porte tout à ma bouche y compris le sable et des morceaux de bois ou de plastique que je suçote au grand énervement de mes parents.



1966 : Avec ma soeur nous construisons des cabanes partout. Avec des chaises et des couvertures. J'entasse dans ces cabanes tous mes trésors : nids d'oiseaux, avions que je fabrique avec des stylos. Collection de porte-clefs. Goût prononcé pour le dessin. Un professeur pense que comme il est évident que je serai dessinateur professionnel,  mieux vaut m'encourager à développer ce talent particulier plutôt que de me disperser sur d'autres. Alors que les autres élèves sont soumis au programme "normal",  j'ai le droit, moi, de rester dans un coin à ne faire que de grandes aquarelles. Un jour, j'élève la ligne du sol au niveau des flancs d'un personnage. Les autres élèves se moquent de moi. Ils me disent que "les gens marchent sur le sol, qu'ils ne sont pas au milieu du sol!". Je venais intuitivement de reproduire "la perspective d'horizon", mais je ne le savais pas encore. Et j'étais incapable de l'expliquer. Dans le doute et sous la pression sociale, j'ai refait mon dessin avec le personnage sur le sol.


1968 : Ecriture de ma première nouvelle élaborée pour une rédaction sur sujet libre. Elle s'intitule "Les aventures d'une puce". L'escalade d'un humain du point de vue d'une puce qui, partant des pieds, remonte jusqu'au crâne, en passant sous le pantalon, sous le slip, sous la chemise. Elle tombe dans le nombril, se perd dans la forêt des poils des aisselles et essaie de comprendre les gestes quotidiens de la personne sur laquelle elle marche. 6 pages. Le professeur se marre parce que, ignorant la signification du mot,  j'ai écrit que le père de la puce était un puceau et sa mère une pucelle. Par contre il s'étonne que j'ai intuitivement pigé le système de montée du suspense et de la chute surprise (à la fin juste au moment où la puce est sur le point de tout comprendre, elle est écrasée par un doigt). En dehors des cours de Français,  je m'avère être un élève plutôt médiocre. Je n'arrive pas à mémoriser tout ce qui est dates, noms de fleuves, capitales, récitations par coeur.

1969 : Deuxième nouvelle construite : "Le château magique". Le mystère d'un château qui mange ses visiteurs. 3 pages. Cette nouvelle me permet de travailler le système de la gestion des nerfs du lecteur. Comment dévoiler peu à peu la solution du mystère. Je note sur une feuille à côté : à la ligne numéro X, le lecteur est censé penser que l'assassin est Y etc... Je m'amuse à inventer des histoires pour faire rire mes copains de classe. En général des histoires qui font peur. Dans les marges je dessine des monstres. Ma mère m'asseoit au piano. Je ne supporte pas la discipline liée à ce type d'enseignement. Après 6 années d'études de piano classique, par réaction, bien plus tard je me mettrais à la guitare électrique.









1970: Troisième nouvelle construite : "Les enquêtes de Taupin". Premier travail sur le principe du meurtre en huis clos (d'autres suivront). La règle du jeu étant de rendre le crime impossible et de trouver malgré tout une solution logique acceptable. Pose un principe d'écriture pour les aventures de Taupin. Il faut que Taupin soit dans une situation où le lecteur se dit que cette fois-ci il ne pourra pas s'en sortir et ensuite qu'il réussisse malgré tout à survivre grâce à un stratagème auquel n'a pas pensé le lecteur. Influence : Edgar Allan Poe. 8 pages.


1971: Quatrième nouvelle : "La chasse en brousse vue par le lion" et... sa fin en carpette. 4 pages. Dans cette nouvelle ce qui m'intéressait était de créer de l'humour par le changement de point de vue. Le lion raconte comment il voit venir les chasseurs qui veulent le tuer et ce qu'il pense des hommes. Scolarité en chute libre. Passe de justesse les classes. Toujours ce problème de mémoire. Je ne sais pas retenir le nom des fleuves Russes, ni les dates des grandes batailles. D'ailleurs Marignan, ca m'énerve, d'accord c'est 1515 mais on luttait contre qui? Bien plus tard j'irais vérifier. C'était contre des Suisses. 1515 Marignan - François 1er massacre des mercenaires Suisses en Italie pour faire plaisir au Pape qui trouvait les Italiens du Nord trop libertins! Pourquoi on ne nous raconte pas la vraie histoire. Et trois mois plus tard, les troupes de François 1er sont finalement chassées, donc c'était une guerre pour rien. Bien la peine de nous déranger pour mémoriser ça!

1974 :  Passion pour l'électronique, les maquettes d'avions en balsa, la civilisation Maya et les habitants de l'île de Pâque. Passion pour l'astronomie et tout particulièrement, étude régulière des taches solaires au Centre d'astronomie de Toulouse. Échoue au passage en section scientifique (je n'arrive pas non plus à mémoriser les formules mathématiques. Par contre j'arrive à les prolonger, mais ça les profs s'en fichent), passe en section économique (la honte pour un passionné de science!). Caractère de plus en plus solitaire. Je peux rester des heures à lire dans les toilettes, pour que personne ne me dérange. A cette époque je me passionne surtout pour Jules Verne. L'Ile Mystérieuse me semble le chef-d'oeuvre inégalable.


1978 :  Je Monte un journal de Lycée : "EUPHORIE". Pour le réaliser je me retrouve à apprendre la parfumerie (le parfumeur toulousain Henri Berdoues me sert de professeur), la pratique de l'imprimerie offset, la dactylographie. Nous sommes trois réguliers à travailler sur notre journal de lycée et peu à peu il se vend aussi dans les autres établissements scolaires. Le journal contient 30% de textes sur la vie dans le lycée et 70% de bandes dessinées. Les bandes dessinées d'EUPHORIE avaient une particularité, elles se lisaient avec des parfums créés spécialement avec une orgue à parfum pour mieux évoquer l'ambiance de l'histoire (on appelait cela la Bandessino musicale car était aussi indiqué la musique à écouter pour bien capter les trois sens, oeil, nez, oreille. Pour les parfums était jointe une languette imprégnée de très peu d'essence pure). J'écris les scénarios et Fabrice Coget les illustre. Fabrice Coget me fait découvrir de nouveaux "genres" littéraires : la science fiction américaine des années 60 et le fantastique baroque du siècle dernier. Je découvre donc Lovecraft (cycle Chtulu),  Asimov (cycle Fondation), Van Vogt (Cycle du monde des A), Huxley (Le meilleur des mondes). Et puis Boris Vian. En musique aussi je sors de mon cantonnement. Après les Beatles qui étaient mon unique référence rock, je découvre beaucoup plus audacieux et sophistiqué : Genesis, Yes, Pink Floyd. Genesis (à l'époque où il y avait encore Peter Gabriel) est probablement le plus grand émerveillement musical de ma vie. Il y aura eu un avant et un après "Nursery Crime". Même les paroles de cet album me semblent de la très bonne poésie!
 




1978:  Après le bac, commence l'écriture des "Fourmis" (d'après un scénario de 7 pages pour faire une bd avec Fabrice Coget). Après avoir écrit une version assez naïve où les fourmis vivent dans du papier aluminium et où la reine entretient des projets de réformes de la mentalité fourmi, je me rend compte des possibilités incroyables de ce sujet bizarre si l'on s'en tient aux vrais comportements des vraies fourmis. "Plus c'est vrai plus c'est magique". Dès lors je décide d'en faire un gros bouquin. Peut-être de plus de 200 pages. Je m'impose une discipline : 4 heures d'écriture tous les matins (de 8h30 à 12h30) quoi qu'il arrive, que ce soit en période de vacances ou pas.


1979 :Etudes de droit à Toulouse. Poursuit la publication d' "Euphorie" avec l'aide de Fabrice Coget, mais aussi du dessinateur toulousain Michel Dezerald.  Rate l'examen de première année de droit. Découverte du cycle de "Dune" de Franck Herbert (c'est la révélation de la possibilité de construire un roman comme un jeu. "Dune" serait construit comme un tarot). Je commence à dessiner des architectures de romans. Cela donne des diagrammes géométriques remplis de numéros et de flèches.


1980 : Etudes de criminologie à l'Institut de Criminologie de Toulouse  (on y apprend notamment comment analyser un cheveu ou une douille de revolver). Fréquente assidûment le Tribunal de Grande Instance et la Cour d'Assises de Toulouse pour trouver des thèmes de polar pour mes nouvelles. Deuxième première année de droit. Monte une troupe de théâtre, le STAC, à Toulouse qui met en scène une pièce d'Hitchcock (la troupe ne parviendra jamais à mettre sur pied le moindre spectacle). Réussit le passage en deuxième année de droit. Traversée des USA de New-York à L. A. (puis grande boucle par Houston et Memphis) en stop avec un copain. Dès notre arrivée à New-York, nous nous faisons détrousser par des joueurs de bonneteau, ce qui nous oblige à tenir nos deux mois de voyage avec 2 000 F. La découverte des USA sera donc aussi la découverte des journées à un seul repas et des nuits dans les YMCA plutôt mal fréquentés. Nous essayons de nous faire engager comme serveurs dans des restaurants Français, mais sans carte verte c'est plutôt difficile.

 
1982 : Il laisse tomber le droit. Il monte à Paris pour faire des études de journalisme à à l'Ecole Supérieure de Journalisme de Paris. Il découvre Philippe K Dick, et continue la réécriture des fourmis, dont les versions se reconnaissent par un chiffre et une lettre2. Découverte de la construction du roman en cathédrale et tentative d'écriture du roman en acrostiche.

 
1983 : Mars - Prix de la Fondation News du meilleur jeune reporter qui m'octroie une bourse pour un reportage en Afrique (au Centre Ecotrope de Lamto) en Côte d'Ivoire pour suivre les fourmis Magnans. Avec le professeur Leroux, nous suivons d'immenses colonies de fourmis en migration qui dévorent tout sur leur passage. Mais plus que les fourmis je découvre la vie dans la brousse africaine, auprès d'une tribu Baoulé. Il s'agit d'une zone épargnée par la civilisation occidentale à ceci près que toutes les huttes en torchis sont équipées d'une antenne TV et que la population toute entière, (y compris le grand sorcier) suit attentivement les aventures de JR dans la série Dallas...

[photo : au Centre Ecotrope de Lamto avec le professeur Leroux et son fils qui tient une mangouste. Ce sont eux qui m'ont hébergé dans cette zone sauvage pour suivre les fourmis Magnans - cliquez sur la vignette pour visualiser la photo en taille réelle]



 1983: Juillet - Journaliste localier à Cambrai (rubriques : chiens écrasés, suicides, météo, mariages, réparation de clochers). Je mène ma première enquête à la Rouletabille sur une affaire d'enfant noyé dans le fleuve. Je parviens à trouver une piste crédible pour expliquer le meurtre mais les policiers et mon rédacteur en chef m'interdisent de la publier de peur de déstabiliser la vie locale et de donner des idées à ceux qui seraient tentés de commettre le même acte. Apprentissage de la photographie noir et blanc.

1983: A partir d'Octobre - Journaliste pigiste à l' "Evenement du Jeudi", "le Point", "Ca m'intéresse", "Libération", "Le Nouvel Observateur". Je me retrouve comme un représentant en cravate, allant de rédactions en rédactions pour présenter mes articles. Souvent mes articles sont signés par le chef de service comme si c'était lui qui les avait écrits et pas moi mais au moins je gagne ma vie. Continue l'écriture des fourmis. J'installe une fourmilière (de fourmis des bois) dans mon studio pour les observer et trouver des idées de scènes originales. Assiste à des mini-guerres, des coups d'Etat, des luttes entre les groupes. Plutôt que de lire des livres de scientifiques qui interprètent leurs observations, je préfère les observer en direct. En plus à force de les observer on finit par les reconnaître une à une. Ma compagne de l'époque me dit : "Des fourmis?! C'est dégoûtant! et si elles s'évadaient et nous montaient dessus?". Je lui dit qu'il n'y a aucun risque. Un jour elles finissent pourtant par percer le toit de carton et à parvenir à s'évader. Nous avons passé la journée avec des petites cuillères pour les ramener. Les fourmis ont eu très peur.

1983- 1990 : Journaliste scientifique régulier au "Nouvel Observateur" pendant 7 ans. Articles sur tous les sujets scientifiques : de la conquête de l'espace, à la médecine en passant par l'intelligence artificielle ou la sociologie. Sélectionné en 1990 en finale du prix Mumm du meilleur article de l'année pour un reportage sur "Singapour, la ville ordinateur", il est licencié par ses supérieurs jaloux de son succès. 
 
1990 : s'en suit une période de chômage. Il profite alors de son temps libre pour apprendre le métier de scénariste de cinéma à l'INA. Il est alors repéré par Albin Michel qui décide de publier son roman dégraissé, mettant en profit ses connaissances scénaristique pour la construction et auquel il rajoute les articles de l'encyclopédie du savoir relatif et absolu. Il se sert aussi de l'hypnose. L'écriture des fourmis aura mis 12 ans.

1992 : Publication du Jour des fourmis. Agacé par le fait que l'on est pas compris son roman sur le fond, écrit un deuxième ouvrage explicatif du premier : le jour des fourmis. Développement de la discipline : rajout d'une heure d'écriture dans le courant de la soirée, de 18 à 19H00 et de l'idée de ne pas mettre en friche un travail déjà commencé. Publication de ces nouvelles dans l'arbre des possibles en 2002.


1993 : publication de l'encyclopédie du savoir relatif et absolu. Découverte du jeu civilisation, et premiers voyages en Corée du sud ou son ouvrage est perçu comme un livre de poésie. 
 
1994 : publication des thantonautes, qui passent quasiment inaperçu malgrè son caractère innovant. 

 

1995 : période de déprime. Reprend l'écriture de la Révolution des fourmis, et peint. Développe l'idées des 4 A : autodidacte, autonome, agnostique, anarchiste. Croit à une révolution sans violence, grâce à internet développe le concept de la Vmv (voie de la moindre violence) et de l'arbre des possibles, ainsi que d'infraworld, le jeu ou les pièces ont leur libre arbitre. 

1997 : Sortie du livre de voyage sur la structure d'un voyage intérieur

1998 : Sortie du père de nos père. Polar fantastique à caractère scientifique. 

1999 : Sortie de projets tels que la BD exit, préparation du jeu les fourmis, du film la Reine de Nacre.







 

2000 : termine l'écriture de l'empire des anges.

2001 : Sortie de l'ultime secret. Certaines parties scénaristiques de ses romans semblent se vérifier dans la réalité, tels que la chute du boeing dans les thanatonautes, les expériences sur les rats, un lien génétique est découvert entre l'homme et le porc. 


2002 : Sortie de l'arbre de possible, avec en chantier une association pour promouvoir l'arbre des possibles.

2003 : Sortie du livre, Nos amis les humains, et réalisation d'une adapatation en court métrage.

2004 : Sortie du roman Nous le dieux

2005 : Sortie du roman Le souffle des dieux. de la BD "Les enfants d'Eve" avec le dessinateur Eric Puech, et réalisation d'un long-metrage, "Nos amis les Terriens", produit par Claude Lelouch. 


 
2006 : Sortie du livre, Le papillon des étoiles, montage du film, nos amis les terriens



2007 : avril, sortie du film, nos amis les terriens, qui n'a pas connu un grand succès. Octobre, sortie du livre le souffle des dieux


2008 :Octobre: Sortie du livre recueil de nouvelles Paradis sur Mesure

 
2009 : Avril: Sortie de la Nouvelle Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu. Octobre: Sortie du Miroir de Cassandre. Termine l'écriture de ma deuxième pièce de théâtre.

2010 : Fin d'écriture du Rire du Cyclope.


La suite de sa biographie détaillée est disponible sur son blog officiel qu'il tient régulièrement, disponible sur le site bernardwerber.com , carrière sur la longue durée qui ne connait pas véritablement de tournant ou de retournement significatifs, hormis quelques problèmes de santé (au cœur notamment), voyages fréquent à l'étranger, et la sortie régulière de ses romans en Octobre, ainsi que d'adaptations de ses histoires en bandes dessinés, pièces de théâtres, et futur adaptations cinématographiques, paroles de chanson, préside quelque fois des jury de concours d'écriture, et a mis en place avec quelques un de ses collègues, un genre de club de science-fiction et du polar appelé « la ligue de l'imaginaire ». 






Il a récemment mis en place un one man show, et réalise régulièrement des master class autour de l'écriture.

Un peu plus? 

Voir aussi les petites histoires extraordinaires  réellement vécues
 

1Informations tirés du site internet bernardwerber.com


2Changement de lettre = changement d'intrigue, changement de chiffre = changement de style.

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