Les Thanatonautes (Bernard Werber) : 56 – MYTHOLOGIE MÉSOPOTAMIENNE

lundi 26 janvier 2015

56 – MYTHOLOGIE MÉSOPOTAMIENNE

Ishtar
 

Dans la mythologie mésopotamienne, le pays des morts s’appelle le « pays de non-retour ». Chant :

Ceux qui y pénètrent ne reçoivent plus la lumière.
La poussière et la terre sont leurs seules nourritures.
Ils sont vêtus à la manière des oiseaux.
La poussière recouvre tout, les portes et les verrous.

Un jour, la belle Ishtar, déesse de l’Amour, descendit aux Enfers. La reine Ereshkigal ordonna au gardien de la traiter selon les antiques usages. Chaque fois que la déesse traverserait l’une des sept portes de l’Enfer, elle serait successivement dépouillée d’abord de sa robe et de sa couronne, puis de ses pendants d’oreilles, de ses colliers, de son pectoral, de sa ceinture, de ses bracelets, de ses anneaux de cheville et enfin de ses sous-vêtements. Ishtar arriva donc nue devant Ereshkigal qui lui infligea les soixante tortures sur différentes parties de son corps.
Pourtant, ce furent les humains qui subirent les conséquences de cette captivité car, sans Ishtar, la terre avait perdu sa fertilité. Chant :
Depuis qu’Ishtar est descendue au pays de non-retour,
Le taureau ne féconde plus la vache, l’homme ne s’accouple plus avec la femme.
Les hommes dépêchèrent un eunuque à Ereshkigal. Lorsqu’il lui demanda de l’autoriser à boire à l’outre qui contient l’eau de la vie, elle le maudit. Chant :
 
Ta nourriture sera celle des égouts de la Cité,
Tu resteras à l’ombre des remparts
Tu habiteras sur le seuil des maisons
Et les ivrognes et les assoiffés frapperont ta joue.

 
 Il semblerait que l’eunuque avait été envoyé aux Enfers pour y être échangé contre Ishtar. En ce lieu, la stérilité pouvait donc être échangée contre la fertilité. De fait, quelque temps plus tard, Ereshkigal ordonna qu’Ishtar soit aspergée d’eau de la vie, puis escortée aux portes de l’Enfer. Au fur et à mesure qu’elle franchit les sept portes en sens inverse, tous ses biens lui furent rendus. C’est ainsi que, sur Terre, les choses reprirent leur cours normal.


Extrait de la thèse La Mort cette inconnue, par Francis RAZORBAK.

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