Les Thanatonautes (Bernard Werber) : 17 – MANUEL D’HISTOIRE

samedi 24 janvier 2015

17 – MANUEL D’HISTOIRE

Nos ancêtres croyaient que la mort est un passage de l’état de tout à l’état de rien dont le texte le plus représentatif est la lettre à Ménécée d'Epicure dont voici un extrait: 

Maintenant habitue-toi à la pensée que la mort n'est rien pour nous, puisqu'il n'y a de bien et de mal que dans la sensation et la mort est absence de sensation. Par conséquent, si l'on considère avec justesse que la mort n'est rien pour nous, l'on pourra jouir de sa vie mortelle. On cessera de l'augmenter d'un temps infini et l'on supprimera le regret de n'être pas éternel. Car il ne reste plus rien d'affreux dans la vie quand on a parfaitement compris qu'il n'y a pas d'affres après cette vie. Il faut donc être sot pour dire avoir peur de la mort, non pas parce qu'elle serait un événement pénible, mais parce qu'on tremble en l'attendant. De fait, cette douleur, qui n'existe pas quand on meurt, est crainte lors de cette inutile attente !
      Ainsi le mal qui effraie le plus, la mort, n'est rien pour nous, puisque lorsque nous existons la mort n'est pas là et lorsque la mort est là nous n'existons pas. Donc la mort n'est rien pour ceux qui sont en vie, puisqu'elle n'a pas d'existence pour eux, et elle n'est rien pour les morts, puisqu'ils n'existent plus. Mais la plupart des gens tantôt fuient la mort comme le pire des maux et tantôt l'appellent comme la fin des maux. Le philosophe ne craint pas l'inexistence, car l'existence n'a rien à voir avec l'inexistence, et puis l'inexistence n'est pas un méfait.

Pour mieux supporter cette idée, ils inventèrent des religions (ensemble de rites fondés sur des mythes). La plupart assuraient qu’il existait un autre monde au-delà de celui-ci mais personne n’y croyait vraiment. Les religions servaient surtout de signes de ralliement à l’intention de groupes ethniques spécifiques.
 

Manuel d’histoire, cours élémentaire 2e année.

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